Gudrun Burwitz, surnommée la « Princesse du nazisme »

Le 23 mai 1945, l’un des hommes les plus tristement célèbres du XXe siècle mettait fin à ses jours en avalant une capsule de cyanure.
Même 70 ans après la mort du cerveau de la « solution finale », le souvenir d’Heinrich Himmler est encore ravivé par quelques discrets irréductibles. Parmi ces inconditionnels, une personne a observé un deuil particulier pour l’anniversaire de sa mort. Surnommée la « Princesse du Nazisme », sa fille, Gudrun Burwitz, est toujours animée par la conviction que son père était un homme bon.

Plusieurs décennies après avoir livré le récit des moments « merveilleux » passés avec son père à visiter le camp de concentration de Dachau, sa sympathie pour l’idéologie nazie est toujours inamovible.

 Elle tient même un album de collection où est compilé chaque cliché de son père paru dans la presse depuis la guerre.

Au cours des dernières années, l’énergie dévolue à vénérer les convictions de Himmler n’a cessé de croître, faisant d’elle une quasi-divinité dans les cercles néonazis. Il y a quelques années, elle a notamment participé à un rallye néonazi à Ulrichsberg en Autriche, où elle fut encensée par les vétérans SS.

Jusqu’à aujourd’hui, Gudrun Burwitz a consacré sa vie à aider les derniers dignitaires nazis encore en vie à échapper aux tribunaux, par le biais de l’obscure organisation de soutien baptisée « Stille Hilfe » (aide silencieuse).

En 2010, son organisation a financé la défense de Samuel Kunz, un responsable SS poursuivi pour complicité dans l’assassinat de 437 000 juifs au camp de Belzec en Pologne.

Gudrun a aussi volé au secours du SS hollandais Klaas Carel, quelques années avant son décès à 90 ans, afin d’empêcher son extradition en Allemagne, lui permettant de finir paisiblement son existence dans son pays d’origine. Depuis son engagement à la tête du groupe, Gudrun Burwitz a facilité l’insertion sociale de nombreux criminels de guerre nazis tels que Klaus Barbie, le boucher de la Gestapo de Lyon.

Le nazi Barbie et son avocat Jacques Vergès

A 85 ans, elle est aussi la « marraine » de différents groupes de femmes d’extrême droite, qui tentent toujours des incursions dans des crèches et des écoles pour diffuser leur idéologie aux plus jeunes.

Âgée de 14 ans quand Himmler s’est donné la mort, elle a toujours été aussi dévouée à son père que celui-ci l’était envers Hitler, contrairement à la majorité des enfants de dignitaires nazis, qui ont refusé d’entretenir le souvenir de leurs parents.

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