Iran : Obama justifie l’antisémitisme contre un accord

 Obama justifiera même l’antisémitisme pour boucler son accord avec l’Iran.

Les commentaires du Président, lors de sa dernière interview apportent de nouvelles preuves que l’intention déclarée de la Maison blanche de renforcer le pouvoir des modérés en Iran tient de la sornette. 

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President Obama at the White House in Washington, DC, on 2 April 2015 after a deal was reached on Iran

 

Ce n’est pas tous les jours que vous entendez le Président Barack Obama trouver de bonnes explications au fanatisme le plus nauséabond. Mais, lors d’une récente interview, c’est pourtant bien ce qu’il a fait. « Le fait que vous soyez antisémite », a déclaré Obama à la République Islamique d’Iran, « n’exclut pas que vous soyez parfaitement rationnels ». La plupart des commentaires qui ont suivi se sont focalisés sur la question de savoir si, en réalité, le Président comprenait l’antisémitisme – qui par définition, est un marqueur de déraison. Mais cette remarque d’Obama révèle aussi la profondeur de sa détermination à faire ami-ami avec l’Iran, quoi qu’il en coûte aux principes de l’Amérique. 

Cette remarque d’Obama couronne une série de déclarations et d’options politiques révélatrices qui font mentir la prétention de la Maison blanche à dire que sa politique iranienne est conçue pour renforcer les plus modérés à Téhéran.  

Commençons par l’Irak, où l’Administration a abandonné toutes ces prétentions, lorsqu’il a s’agi de choisir comme partenaires les milices chiites qui sont effectivement sous le contrôle absolu de l’Iran. Il y a, à peine, un mois, au cours de l’opération pour reprendre Tikrit, l’Administration cherchait encore à maintenir un vernis public, quoique très superficiel, visant à éviter toute coordination avec ces milices, en déclarant, plutôt, travailler avec les forces irakiennes de sécurité. Mais, désormais, à la suite de la chute de Ramadi, l’administration a formellement annoncé son désir de travailler avec ces milices, au cours de la campagne en vue de reprendre la ville. « Les milices ont un rôle à jouer dans tout ça », a dû reconnaître un porte-parole du Pentagone aux journalistes, la semaine dernière. 

L’approche irakienne de la Maison blanche reflète sa politique au Liban. Il ne s’agit pas de dire que l’administration travaille directement avec le Hezbollah, oh que non. Mais elle le fait indirectement – en se cachant derrière le paravent des Forces Armées Libanaises (FAL). Les Etats-Unis ont partagé des renseignements par le biais des canaux des FAL, en sachant pertinemment que les forces armées travaillent étroitement avec le groupe terroriste. 

Des rapports persistants, en provenance du Liban suggèrent que les Etats-Unis transmettent des renseignements opérationnels en temps réel aux FAL sur les mouvements des combattants rebelles syriens dans la zone d’Arsal. L’Amérique est parfaitement au courant de la forte probabilité que de tels renseignements seront transmis au Hezbollah, afin de soutenir sa campagne militaire dans l’Est du Liban et les collines de Qalamoun. 

Tout en aidant le Hezbollah, l’administration Obama a coupé les vivres et l’assistance à ses opposants chiites. En arguant d’un « changement de priorités » au Liban, le Département d’Etat a mis un terme à une subvention à l’ONG Hayya Bina, dirigée par le militant Lokman Slim, qui s’est montré ouvertement critique envers le Hezbollah. La conséquence de ce « changement » c’est que le Département d’Etat a clarifié que « toutes les activités destinées à appuyer une voix chiite indépendante et modérée doivent cesser immédiatement et indéfiniment ».

Les commentaires de l’actualité au Liban ont rapidement et correctement interprété ce geste comme une forme d’accompte versé aux Iraniens. Il s’agissait d’une déclaration politique montrant que l’administration Obama ne faisait pas seulement que du partenariat avec les plus radicaux du régime d’Iran, en matière de sécurité et de renseignements, mais aussi que, publiquement, elle abandonnait tout soutien à des voix modérés qui puissent être perçues, de près ou de loin, comme défiant la position privilégiée de l’Iran à l’intérieur du Liban.    

Il ne peut plus y avoir aucun doute que cette politique dépend directement d’Obama lui-même. Le Président a montré une tendance prononcée à faire, publiquement, des appels du pied aux Iraniens, et manifesté son désir de sécuriser un rapprochement, autant qu’il fait clairement entendre son désintérêt pour les adversaires de l’Iran – c’est-à-dire les alliés traditionnels de l’Amérique : Israël, pays sunnites du Golfe, Egypte, Jordanie… 

Prenons, par exemple, le récent sommet de Camp David avec les dirigeants des Etats arabes du Golfe. A chaque virage, avant, pendant et après le sommet, le Président s’est donné beaucoup de mal dans sa façon de chercher à rassurer Téhéran. Obama a déclaré sans cesse qu’il pensait que l’Iran n’était pas la véritable menace. Et pire, comme il l’a bien fait remarquer, de façon insistante, durant sa conférence de presse en solo, lors de la clôture du sommet, l’objectif de ses délibérations sécuritaires avec ses alliés du Golfe n’était, absolument pas, de risquer une confrontation « ni même de marginaliser l’Iran ». 

Le résultat de cette intention délibérée, c’est qu’Obama n’a pas fait bougé d’un pouce aucun des théâtres régionaux où l’Iran est impliqué, en particulier le problème tout-à-fait important : la Syrie. 

Pendant ce temps, les responsables à la Maison blanche se sont assurés qu’il serait bien clair -surtout auprès de Téhéran, plus que de quiconque- que l’objectif réel du sommet consistait à guider les Saoudiens par la main, afin qu’ils acceptent de s’assoir et de passer un compromis avec les Iraniens. En ce sens, il est plus convenable qu »autre chose, de décrire le sommet de Camp David comme une annonce publique, mais polie, du divorce entre Obama et les pays du Golfe. 

Mais ce ne sont pas les seuls à être brouillés. Les remarques d’Obama mettant en lumière l’antisémitisme iranien pour le rendre acceptable et compréhensible, survenaient au cours d’une interview dans laquelle le Président a exprimé, à nouveau, son dégoût déjà maintes fois prononcé à l’encontre du gouvernement israélien. Il a couché ses critiques acerbes dans le langage de la déception envers Israël, au motif que l’Etat hébreu ne renonce pas aux idéaux de sa génération fondatrice. Obama voulait apporter la preuve de la responsabilité de son désaccord avec Israël sur les Israéliens eux-mêmes et, en particulier sur leur premier ministre. En réalité, dans le noyau dur, au coeur de cette scission, on trouve la volonté très personnelle d’Obama de faire ami-ami avec Khamenei d’Iran – le mot important, ici, étant Khamenei, et non l’Iran. 

La fonction de ce commentaire très calculé d’Obama sur l’antisémitisme iranien acceptable, par conséquent, c’est de blanchir Khamenei et ses radicaux les plus durs. 

 

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TONY BADRAN

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